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Pourquoi cultiver la spiruline au Burkina et plus largement en Afrique, et dans quelles conditions ?

  • La première est d’ordre économique.

Il faut pouvoir produire à un coût très bas, compatible avec le pouvoir d’achat des populations rurales ou périurbaines des pays du tiers-monde.

Les projets déjà réalisés montrent que c’est possible.

Ajoutons que la consommation de spiruline fraîche, possible dans certains cas (quand les consommateurs sont sur place), simplifie le processus de fabrication.

Classiquement, une partie de la production sera vendue sur le " marché libre " (pharmacies, …) à un prix dégageant une marge suffisante pour une distribution à coût marginal dans les dispensaires ou centres de renutrition.

A titre d’exemple, les chiffres suivants illustrent les dispositions adoptées.

Au Burkina Faso, en 2001, le prix de vente au détail était de 19,8/25,9 € (130/170 FF par kilo) (0,9 € le sachet de 40 g, # 6 FF) et le prix de distribution dans les centres de renutrition  de 12,2 € / kilo (80FF)

Sans prétendre vendre la spiruline au prix du mil, il est important qu’elle ne dépasse pas le prix raisonnable que nous venons d’indiquer.

Assimilée à une " vitamine ", elle se place de ce fait sur le marché des produits pharmaceutiques.

Dans ce cadre, elle est d’un prix attractif (0,9 à 1,2 € le sachet de 40 g (6 à 8 FF), correspondant à un traitement de 8 jours, contre 2,3 à 12,2 € (15 à 80 FF) pour la plupart des médicaments classiques.

Naturellement l’économie d’un projet est liée à sa taille et aux conditions locales particulières.

L’une des premières conditions consiste donc à définir les besoins et à s’assurer, au-delà de l’investissement matériel initial, de l’équilibre économique à terme du projet. Pour ce faire, on constituera un bilan d’exploitation prévisionnel de la ferme intégrant les dépenses (salaires, intrants, consommables, entretien et provision pour le renouvellement des équipements) et les recettes provenant des ventes de spiruline.

  • La deuxième condition est à caractère technique.

Si la production de spiruline dans des " fermes " est relativement simple, il faut néanmoins recourir à des technologies adaptées au pays (disponibilité des matériaux, compétence des artisans...) et aux conditions climatiques (saison des pluies, vents violents...).

Il est nécessaire de former du personnel, de le motiver et de le placer dans un cadre suffisamment structuré pour garantir la pérennité de l’opération.

C’est pourquoi de trop petites unités (quelques dizaines de m²) disséminées dans la nature, sans électricité et moyens de télécommunication et ne bénéficiant pas d’un soutien logistique suffisant sont vouées à un échec probable.

Par ailleurs, elles sont, sur un plan économique, difficilement rentables et ne se justifient que par la mise à disposition de spiruline fraîche aux habitants et malades vivant à proximité.

  • La troisième condition est d’ordre psychologique.

La couleur verte de la spiruline a plutôt tendance à rebuter les jeunes enfants lors des premières prises. L’expérience montre qu’elle est cependant consommée avec plaisir dans 80% des cas. Parmi les cas restants, il faut prendre en compte la perte d’appétit des enfants atteints de malnutrition grave. Dans ce cas, il est nécessaire de nourrir l’enfant par sonde gastrique. La spiruline, après mouture en poudre fine, sera alors mise en suspension dans une solution aqueuse.

La distribution du produit doit être précédée et accompagnée par des "campagnes " d’explications, de formation des jeunes mères, de promotion auprès des prescripteurs (médecins, pharmaciens, infirmiers...). Il faut expliquer en quoi la spiruline est utile, montrer comment l’utiliser, et, dans certains cas contrôler sa réelle utilisation.

On devra enseigner à stocker le produit dans le logement à l’abri des parasites, de la lumière et de l’humidité.

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